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mardi 30 décembre 2014

" Lyon-Turin, des vices sur toute la ligne "

" trafics en tous genres " : une critique de Elaine Patriarca dans Libération.


Daniel Ibanez n’a pas le profil type du zadiste : il est économiste, spécialiste des procédures collectives et dirigeant d’un cabinet de conseil. Mais il est devenu en moins de trois ans l’élément moteur et structurant des opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

Habitant en Savoie, il plonge en 2012 dans le dossier d’enquête publique : maintes fois ajourné depuis 1991, ce grand projet est censé raccourcir le temps de trajet entre Paris et Milan et libérer la route d’un million de camions par an. Mais son coût - plus de 26 milliards d’euros - est exorbitant, d’autant que la création de cette ligne implique le percement sous les Alpes du plus long tunnel d’Europe (57 kilomètres).

Le travail rationnel, obstiné, de Daniel Ibanez lui a peu à peu permis de dévoiler le détournement de /«l’utilité publique»/ et de l’intérêt général au profit de grands lobbys, ainsi que l’inanité financière et environnementale du projet. Il établit la gabegie financière, l’infiltration par la mafia, les mensonges sur les chiffres du trafic passagers ou fret, ou sur la ligne existante, les infractions aux lois…

Son témoignage est d’autant plus intéressant qu’à travers l’exemple du Lyon-Turin on découvre surtout ce que sont un /«grand projet inutile»/ et les méthodes utilisées pour l’imposer.

Par Daniel Ibanez n’a pas le profil type du zadiste : il est économiste, spécialiste des procédures collectives et dirigeant d’un cabinet de conseil. Mais il est devenu en moins de trois ans l’élément moteur et structurant des opposants à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

Habitant en Savoie, il plonge en 2012 dans le dossier d’enquête publique : maintes fois ajourné depuis 1991, ce grand projet est censé raccourcir le temps de trajet entre Paris et Milan et libérer la route d’un million de camions par an. Mais son coût - plus de 26 milliards d’euros - est exorbitant, d’autant que la création de cette ligne implique le percement sous les Alpes du plus long tunnel d’Europe (57 kilomètres).

Le travail rationnel, obstiné, de Daniel Ibanez lui a peu à peu permis de dévoiler le détournement de /«l’utilité publique»/ et de l’intérêt général au profit de grands lobbys, ainsi que l’inanité financière et environnementale du projet. Il établit la gabegie financière, l’infiltration par la mafia, les mensonges sur les chiffres du trafic passagers ou fret, ou sur la ligne existante, les infractions aux lois…

Son témoignage est d’autant plus intéressant qu’à travers l’exemple du Lyon-Turin on découvre surtout ce que sont un /«grand projet inutile»/ et les méthodes utilisées pour l’imposer.

Par Éliane Patriarca

liberation